lundi 14 septembre 2026
Peut-on produire de l’huile végétale sans sacrifier la biodiversité ?
Agro / Santé / Biodiversité
Palmier à huile, soja, colza, tournesol, coco. Les cultures oléagineuses occupent aujourd’hui 543 millions d’hectares, soit 37 % des terres agricoles mondiales. Face à une demande croissante, la manière dont ces cultures sont produites représente un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité.
Mais toutes les huiles végétales ont-elles le même impact ? Certaines cultures sont-elles nécessairement plus vertueuses que d’autres ?
Le rapport Explorer l’avenir des huiles végétales, publié par l’UICN, invite à dépasser cette lecture. Sa conclusion est claire : aucune huile n’est en soi plus ou moins vertueuse qu’une autre. L’impact d’une culture sur la biodiversité dépend étroitement de la manière dont elle est produite et, plus largement, de la manière dont les systèmes de production sont planifiés, gérés et intégrés dans le paysage.
Autrement dit, il ne s’agit pas simplement de remplacer une huile par une autre. Les pratiques agricoles, la protection des écosystèmes naturels, la gestion des paysages et la transparence tout au long des chaînes de valeur sont autant de facteurs à prendre en compte pour faire de meilleurs choix.
Kinabatangan : concilier production agricole et biodiversité
À l’occasion de PRODURABLE 2026, l’Alliance pour la Préservation des Forêts réunira scientifiques, experts et organisations internationales autour d’une table ronde consacrée à cette question centrale pour les filières agroalimentaires : peut-on produire de l’huile végétale sans sacrifier la biodiversité ?
La discussion s’appuiera notamment sur l’exemple de la réserve de biosphère de Kinabatangan, à Bornéo, reconnue par l’UNESCO. Dans ce territoire largement façonné par l’agriculture, palmiers à huile et forêt tropicale cohabitent aux côtés des orangs-outans et d’autres espèces protégées.
Depuis 25 ans, l’ONG HUTAN y met en œuvre un programme de préservation de la faune sauvage qui intègre pleinement la production agricole, à travers notamment des corridors forestiers, des ponts à orangs-outans, l’intégration de pratiques agroforestières dans les plantations de palmiers à huile, et la restauration des zones à haute valeur de conservation. De son côté, le CIRAD pilote le projet « TRAILS », associant chercheurs et communautés locales pour intégrer l’agroforesterie dans les plantations de palmiers à huile et contribuer à créer des paysages plus résilients.
Un exemple concret pour mieux comprendre comment les modes de production peuvent contribuer à concilier production agricole et préservation de la biodiversité.
Mieux informer pour faire de meilleurs choix
La question ne concerne pas uniquement les producteurs. Entreprises, décideurs et consommateurs ont également un rôle à jouer.
Une meilleure information permet de faire de meilleurs choix. Une plus grande transparence sur les modes de production et leurs impacts est essentielle pour permettre des choix éclairés et accompagner l’évolution des pratiques.
C’est tout l’enjeu de cette table ronde organisée à PRODURABLE : mettre en dialogue la science, l’expérience de terrain et les différents acteurs concernés pour porter un regard plus éclairé sur les huiles végétales et les leviers d’action disponibles.
Rendez-vous le 1er octobre 2026 au Palais des Congrès de Paris pour prendre part aux échanges.
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