mardi 22 septembre 2026
Les expositions de PRODURABLE 2026 : changer de regard pour mieux agir
À PRODURABLE, la transition se découvre aussi autrement que par les conférences, les tables rondes et les retours d’expérience. Pour cette 19e édition, plusieurs expositions invitent les visiteurs à prendre le temps de regarder, d’écouter, de questionner et de se projeter.
Photographie, art, prospective, récits et expériences immersives : ces installations proposent chacune une autre manière d’aborder les transformations environnementales et sociales. Des mangroves du Cameroun aux futurs souhaitables de 2050, en passant par l’upcycling, le street-art ou encore une vallée sacrée de l’Himalaya, elles donnent à voir des réalités, des solutions et des imaginaires qui peuvent nourrir l’envie d’agir.
Faire dialoguer Art & Environnement avec GALERIE BS
À travers « Faire dialoguer Art & Environnement », GALERIE BS réunit à PRODURABLE les œuvres de deux artistes qui travaillent chacun à leur manière sur notre rapport aux ressources, aux déchets et à la transformation des matières.
Nicolas Delay : donner une seconde vie aux déchets numériques
À l’ère de l’intelligence artificielle et de l’explosion des données, Nicolas Delay s’intéresse à l’empreinte invisible de notre société numérique. Artiste autodidacte, il détourne des déchets informatiques obsolètes pour créer des sculptures-totems qui interrogent notre consommation technologique et l’obsolescence programmée.
Les sculptures présentées à PRODURABLE sont réalisées à partir d’une majorité de déchets informatiques, assemblés sur une structure en bois puis peints.
Un travail d’upcycling qui transforme ces composants délaissés en œuvres et rend visible une face souvent moins perceptible de notre transformation numérique : celle de ses matières, de ses déchets et de ses impacts.
Johé Bruneau : transformer le déchet en matière
Johé Bruneau, ambassadeur français du mouvement mondial Precious Plastic, travaille exclusivement à partir de rebuts industriels : plastique, aluminium, câbles…
En associant gestes artisanaux et technologies low-tech, il transforme ces matières destinées au rebut en œuvres qui questionnent notre rapport aux ressources et à la consommation.
À PRODURABLE, il présentera « REfaire le monde », une sphère de 50 cm réalisée en polystyrène recyclé.
Une œuvre qui rappelle, à travers une forme simple et universelle, que nous partageons une planète aux ressources limitées et que le déchet peut aussi devenir une matière à transformer, à réutiliser et à regarder autrement.

Le Cabinet de Curiosités du Futur : un voyage vers 2050
Et si, pour imaginer le futur, il fallait commencer par regarder les objets qui pourraient peupler notre quotidien demain ?
Le Cabinet de Curiosités du Futur propose une plongée dans des futurs possibles à travers une collection d’objets et de récits inspirés de signaux faibles réels et de projections prospectives.
Cette expérience immersive invite les visiteurs à se projeter dans différents futurs et à questionner les transformations qui pourraient façonner nos modes de vie, nos organisations et nos sociétés.
Des Learning Expéditions, proposées sous la forme de « départs pour 2050 », permettront également à certains visiteurs de découvrir le Cabinet accompagné par les équipes de l’Institut des Futurs Souhaitables.
Une manière originale de faire de la prospective une expérience concrète : observer, imaginer, questionner et se projeter pour mieux choisir les futurs que nous voulons construire.
Renaissance Écologique : une nouvelle lecture des équilibres
Comment représenter la complexité des transformations écologiques et sociales en une seule image ?
L’exposition Renaissance Écologique propose de prendre du recul sur les crises qui se croisent — climat, biodiversité, ressources, économie, social, mobilité, énergie, gouvernance… — en mettant en évidence leurs connexions et leurs interdépendances.
Au cœur de l’exposition, une reproduction grand format de Renaissance Écologique sera mise en regard de la fresque L’Allégorie des Effets du Bon Gouvernement, peinte par Ambrogio Lorenzetti à Sienne en 1338.
Cette mise en perspective permet de découvrir une nouvelle grille de lecture des enjeux auxquels les entreprises et les territoires sont confrontés. Agriculture, ville, mobilité, énergie, biodiversité, culture, finance, adaptation, eau ou gouvernance apparaissent comme autant de pièces d’un même système.
Des QR codes, des contenus numériques et la présence d’un médiateur permettront aux visiteurs d’approfondir leur découverte et de faire le lien entre cette représentation systémique et les enjeux actuels des organisations.
L’exposition sera également accompagnée de mini-conférences « Un plan pour cultiver les équilibres », consacrées à la manière dont une œuvre vieille de près de 700 ans peut encore nous aider à penser les réponses à l’urgence écologique et sociale.

« Tsunami en Himalaya ! » : quand l’art raconte autrement le changement climatique
Par inTERREviews
Face au changement climatique, les images peuvent-elles nous aider à regarder autrement ce que nous sommes en train de vivre ?
Avec « Tsunami en Himalaya ! », les auteurs d’inTERREviews proposent un récit artistique et engagé autour de la vallée de Rolwaling, au Népal, voisine de l’Everest.
À travers la photographie et l’écriture, l’exposition raconte la rencontre avec la communauté Sherpa d’une vallée menacée par la rupture du Tsho Rolpa, l’un des lacs glaciaires les plus dangereux de l’Himalaya.
Le point de départ de cette histoire est une dépêche évoquant le risque d’un véritable « tsunami des montagnes » : une vidange brutale du lac glaciaire dont l’échéance reste imprévisible.
Pourtant, face à cette menace, la communauté locale conserve une étonnante sérénité.
L’exposition invite ainsi à dépasser le seul constat scientifique pour s’interroger sur notre rapport au monde, à la nature et au risque. La valeur sacrée de la vallée et la spiritualité bouddhiste de ses habitants ouvrent notamment une réflexion sur d’autres manières d’habiter notre environnement.
Basée sur le livre Rolwaling, une vallée sacrée en Himalaya, publié en 2025 avec une préface de Jean Jouzel, cette exposition fait le choix de l’émerveillement, de l’émotion et de la prise de conscience plutôt que de l’anxiété.
Une autre manière de parler du changement climatique : en donnant à voir, à ressentir et à questionner.

CAMERR : la restauration des mangroves racontée en images
Par Planète Urgence
Comment raconter la restauration des écosystèmes autrement que par des données et des indicateurs ?
L’exposition « Mangroves : une rencontre entre forêt et océan » consacrée au projet CAMERR, le plus grand projet de restauration de mangroves mené au Cameroun, propose une immersion dans un territoire et dans les réalités de celles et ceux qui contribuent à sa transformation.
Réalisée par l’artiste camerounais Desy Danga, l’exposition prend la forme d’un espace immersif et volontairement obscur, dans lequel les photographies éclairées accompagnent progressivement la déambulation des visiteurs.
Une création sonore mêlant ambiances naturelles et témoignages vient compléter l’expérience pour créer un parcours sensible et réflexif. Une invitation à prendre le temps de regarder, d’écouter et de comprendre les enjeux liés à la préservation et à la restauration des écosystèmes.
Une expérience qui rappelle que derrière les grands enjeux environnementaux se trouvent avant tout des territoires, des communautés et des histoires humaines.
« La pire excuse » : quand le street-art interpelle sur l’urgence écologique
Avec la campagne « #lapireexcuse », l’association Sorry Children, en collaboration avec le photographe et street-artiste Josef Helie, choisit une autre voie : celle de l’humour, de la dérision et de l’interpellation.
Lancée en 2019, cette initiative artistique et satirique met en scène les contradictions individuelles et collectives face à l'urgence environnementale et sociétale.
Le principe est simple : des citoyens et des personnalités brandissent des panneaux affichant les « pires excuses » que des adultes pourraient donner à leurs enfants pour justifier leur inaction face à une planète dégradée.
« On pensait que nos enfants s’en occuperaient », « J’peux pas, j’ai piscine ! »… Derrière ces formules volontairement absurdes, la campagne pose une question très concrète : qu’aurons-nous à répondre aux générations futures si nous n’agissons pas aujourd’hui ?
Six expositions, six façons de regarder la transition
À travers ces six installations, PRODURABLE 2026 propose de sortir du seul registre de l’expertise pour faire appel aux émotions, à l’imaginaire, à la culture et à la capacité de projection.
Les mangroves du Cameroun donnent à voir les liens entre restauration des écosystèmes et développement humain. Le Cabinet de Curiosités du Futur invite à explorer des futurs souhaitables. Renaissance Écologique propose de relire une œuvre ancienne pour penser les grands équilibres contemporains.
Avec GALERIE BS, l’art devient également un moyen de questionner notre rapport aux matières et aux déchets, tandis que « Tsunami en Himalaya ! » raconte le changement climatique à travers une rencontre humaine et un territoire sacré. Enfin, #lapireexcuse choisit l’humour et le street-art pour interpeller sur notre responsabilité collective.
Autant de manières de prendre du recul, de déplacer son regard et de questionner les modèles qui façonnent notre présent.
Car « Cultiver les équilibres », le fil vert de cette 19e édition de PRODURABLE, c’est aussi cultiver notre capacité à regarder autrement, à imaginer d’autres possibles et à donner envie d’agir.
Rendez-vous les 30 septembre et 1er octobre 2026 au Palais des Congrès de Paris pour découvrir ces expositions.