Le Salon des Acteurs & des Solutions
de l'Économie Durable
9-10 AVRIL 2019, PARIS
Le Salon des Acteurs & des Solutions
de l'Économie Durable

     
Espace partenaire Espace visiteur

9-10 AVRIL 2019, PARIS
Le Salon des Acteurs & des Solutions
de l'Économie Durable


SYCOMORE SHARED GROWTH : L’IMPACT SOCIÉTAL, GAGE D’UNE CROISSANCE DURABLE

Une croissance mal partagée

La philosophie d’investissement de Sycomore Shared Growth part d’un constat simple : la croissance mondiale des dernières décennies, dont les fruits ont été mal partagés, a contribué à l’accroissement des inégalités dans la plupart des pays du monde. Le premier Rapport sur les inégalités mondiales publié grâce aux recherches d’une centaine d’économistes regroupés au sein de la World Wealth and Income Database (WID) offre une illustration saisissante de ce phénomène : depuis 1980, les 1% les plus riches de la population mondiale ont capté une part deux fois plus importante de la croissance des revenus que les 50% les plus pauvres*. Terreau particulièrement fertile pour l’instabilité politique et socio-économique, l’accroissement des inégalités est aujourd’hui clairement identifié comme un risque systémique majeur.

Le rôle des entreprises

Nous pensons que les entreprises cotées, fortes de leur expertise, de leurs ressources et de l’étendue de leur empreinte, ont un rôle important à jouer dans l’enrayement de ce phénomène, en choisissant les sources de leur croissance. Une activité positionnée pour répondre aux grands défis sociétaux mondiaux et profiter de ces tendances structurelles de long terme, guidée par une conscience aigüe de la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de ses parties prenantes et de la société au sens large, nous semble être le meilleur garant d’une croissance durable et mieux partagée.

Les deux dimensions de l’impact sociétal

Le processus de sélection de valeurs de Sycomore Shared Growth découle de cette conviction et reprend donc ces deux dimensions de l’impact sociétal : la contribution sociétale des produits et services, qui reflète l’alignement de l’activité de l’entreprise avec les grands défis sociétaux, et le comportement citoyen, qui traduit la manière dont l’entreprise conduit son activité et les externalités plus ou moins positives que ces choix génèrent pour la société.

La contribution sociétale des produits et services

Pour attribuer une note de contribution sociétale des produits et services, nous procédons à une revue du chiffre d’affaires de l’entreprise afin d’évaluer la contribution de chaque activité aux quatre piliers que nous avons définis.

Ces piliers regroupent les priorités sociétales définies par les 17 Objectifs de Développement Durable des Nations Unies (ODD), feuille de route commune des acteurs publics et privés à horizon 2030, ainsi que des thématiques mettant l’accent sur le développement humain, telles que l’épanouissement au travail, le bien-être physique et mental, ou encore la préservation du patrimoine culturel.

Pour nous aider dans cet exercice, nous utilisons les données collectées par notre partenaire Oekom dans l’analyse Sustainability Solutions Assessment, également présentées sous forme de pourcentage de chiffre d’affaires contributeur à des enjeux sociétaux, ainsi que les informations directement fournies par les entreprises. Les données publiées à ce sujet étant très variables d’une entreprise à l’autre et souvent peu précises, la contribution sociétale des produits et services n’a pas pour ambition d’être une métrique de précision mais plutôt de donner des ordres de grandeur et des éléments de comparaison pour nous aider à apprécier, aussi objectivement que possible, l’alignement d’un business model avec les tendances de développement durable vers lesquelles nous souhaitons orienter nos investissements. Elle a vocation à évoluer et à s’enrichir, à mesure que les pratiques de reporting des entreprises évoluent et que des référentiels sectoriels indépendants émergent.

La contribution sociétale est naturellement liée au secteur d’activité (on retrouve typiquement dans les plus forts contributeurs au pilier Santé & Sécurité des entreprises de ces secteurs) mais est aussi fortement impactée par les différences de business model au sein d’un même secteur : ainsi, un acteur de l’agroalimentaire verra sa contribution sociétale augmenter à mesure qu’il repositionne son portefeuille vers des produits sains  ; un acteur du luxe favorisant la préservation de l’artisanat local sera valorisé pour sa contribution à la préservation du patrimoine. De même, le développement d’offres dédiées à des populations ayant un accès limité au produit ou service en question (les stratégies « Bottom Of the Pyramid ») augmentera la contribution au pilier Accès & Inclusion, quel que soit le secteur d’activité.

Une vision sociétale de l’emploi

Le pilier « Emploi » correspond à une vision sociétale de l’emploi, c’est-à-dire à la capacité de l’entreprise d’offrir et de maintenir des emplois décents tels que définis par l’Organisation internationale du Travail (OIT), à savoir : « la possibilité d'exercer un travail productif et convenablement rémunéré, assorti de conditions de sécurité sur le lieu de travail et d'une protection sociale pour sa famille. ».

La qualité des emplois du point de vue du collaborateur étant capturée dans notre analyse « People », il s’agit ici de compléter cette analyse en intégrant une dimension plus quantitative et macro-économique : l’emploi du point de vue de la société, et donc la contribution à l’ODD #8 (travail décent et croissance économique), nécessaire à la réalisation de la plupart des autres objectifs.

Ce pilier vise à valoriser les activités les plus dynamiques en termes de création d’emplois, ainsi que les modèles économiques favorisant la création ou la préservation d’emplois dans les zones qui en sont le plus dépourvues. Dans cet objectif, nous travaillons actuellement avec notre partenaire The Good Economy, cabinet de conseil britannique spécialisé dans la mesure de l’impact sociétal et plus particulièrement de l’empreinte emploi des entreprises, à l’élaboration d’une méthodologie nous permettant d’intégrer les données macroéconomiques publiques sur l’emploi à notre analyse.

Le comportement citoyen

L’impact sociétal de l’entreprise est particulièrement visible à travers ses produits et services, mais dépend autant selon nous de la manière dont ses activités sont menées. C’est dans cette dimension qualitative de l’impact sociétal que nous valorisons les entreprises qui se sont dotées d’une mission clairement définie et intégrée à leur stratégie, pour donner corps à leur volonté d’ancrer leur croissance dans la recherche d’un impact sociétal positif.

Enfin, pour une entreprise, œuvrer pour une croissance mieux partagée, c’est aussi et avant tout remplir ses obligations les plus élémentaires vis-à-vis de la société, en contribuant à son financement à travers une fiscalité responsable, qui redistribue une juste part de la valeur aux communautés dans lesquelles elle a été créée, et en luttant contre la corruption et autres pratiques frauduleuses, qui sont autant de freins à un développement économique qui profite au plus grand nombre.

Fidèle à notre volonté d’identifier les risques mais aussi les opportunités, notre analyse tient aussi compte des externalités positives en valorisant par exemple les entreprises qui se démarquent par un engagement philanthropique durable et mesurable, ou qui sont particulièrement proactives en matière de développement durable, en s’associant à d’autres acteurs ou en usant de leur influence pour faire avancer ces causes.

*Rapport sur les inégalités mondiales 2018, World Inequality Lab, p.9.

 

Frédéric Ponchon, Gérant associé, Sycomore AM

 

Posté le 17/03/2018
<< Retour aux articles